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Mode durable : vers un retour à la retouche des vêtements​

Mode durable : vers un retour à la retouche des vêtements

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« Dans le temps, il était absolument impensable de jeter quelque chose d’un petit peu important. Maintenant, on jette des vêtements. » 

Ce constat ne date pas des années 2000, mais bien de 1974 (sources : Ina). Le vêtement usé, réparé puis porté de nouveau maintes et maintes fois par nos grands-mères dans les années 1950 n’existe alors plus, remplacé par le prêt-à-porter qui révolutionne les modes de vie depuis les années 1960. La société de consommation naissante dans les vies de nos parents, gaspille sans compter alors que certains commencent à alerter sur les dangers de la surconsommation et de la production à outrance dès les années 1970. 

La nouvelle génération, la nôtre, s’interroge, remet en question dès les années 2010 l’attrait pour la mode jetable hérité de nos parents et retourne vers des pratiques anciennes, parmi lesquelles la retouche qui fait son retour dans les habitudes des français, apportant avec elle une saveur d’antan. La mode est cyclique, les pratiques vite oubliées reviennent rapidement au goût du jour afin d’apporter des solutions aux problèmes rencontrés par la société actuelle, face à son mode de consommation polluant de plus en plus décrié.

Nos grands-parents : génération avec une culture
de la retouche faite-maison basée sur une garde-robe
constamment réparée ou améliorée

Entre le raccommodage d’une paire de chaussettes trouées pour la énième fois, la retouche d’un vêtement pour l’adapter à une saison, ou le rajout d’un volant sur une jupe abimée par les années, nos grands-parents avaient plus d’un tour dans leur sac pour réparer, repriser ou retoucher par eux-mêmes leur garde-robe peu fournie afin de pouvoir la porter en toute situation. Le vêtement incarnait avant tout l’histoire d’une famille : chaque bout de tissu accompagnait une famille sur plusieurs générations, il faisait partie de son identité et de son quotidien comme un meuble. Le vêtement avait du sens pour les familles des années 1950 où la culture de la retouche et de la réparation prévalait, on ne pouvait imaginer le jeter à la moindre usure ou changement de saison.

Nos grands-parents cultivaient une véritable culture de la retouche face à la difficulté de trouver des vêtements, en particulier dans les campagnes. Avec des budgets très réduits voire inexistants dédiés à l’habillement, nos grands-parents, habitués au travail manuel, cousaient souvent eux-mêmes leurs propres vêtements ou étaient aidés par une couturière de leur voisinage. On créait alors des vêtements destinés à être conservé le plus longtemps possible et transmis dans le meilleur état à ses enfants. Les ménages les plus fortunés utilisaient quant à eux des tissus généralement plus luxueux et faisaient appel à une couturière personnelle pour repriser et retoucher leurs vêtements souvent conçus sur mesure.

Nos parents : génération marquée par l’essor
du prêt-à-porter et la naissance d’une mode jetable

Dans le contexte de croissance des Trente Glorieuses, l’essor du prêt-à-porter accompagnant celui de la fast fashion a contribué à changer profondément les habitudes de retouche des français.

 Les usines ont dès les années 1960 entériné la production en masse de vêtements, une production en série de basse qualité de vêtements standardisés, à prix bas et au style dicté par des collections presque mensuelles. C’est dans ce contexte que sont nées les grandes enseignes de l’industrie, dont le maître mot est la fast fashion, qui sont devenues les principaux lieux prisés par les français de toutes catégories sociales pour s’habiller à coûts réduits. Au-delà de la possibilité de changer régulièrement de tenue qui a séduit les français des années 1970, la surconsommation ne jouissait alors pas d’une connotation négative et était même alors vue comme un symbole de réussite. Cette ruée vers le prêt-à-porter a également contribué à un changement de mentalité des classes les plus fortunées de la population, qui avaient autrefois une mauvaise image des vêtements non fabriqués sur mesure et ont dû s’habituer à la standardisation des tailles des grandes enseignes de l’industrie de la mode.

Avec la mondialisation et le développement du numérique dans les années 1980 et 1990, nos parents ont définitivement enfermé au placard leur nécessaire de couture et pris l’habitude de jeter leurs vêtements à peine usés. Malgré les premières sonnettes d’alarme tirées dès le milieu des années 1970 pour alerter sur les dangers de la surconsommation et les conséquences néfastes d’une industrie très polluante, l’intensification de la surproduction de vêtements et les délocalisations répétées d’usines du textile vers des pays en développement pour une production à moindre coût ont permis d’ancrer encore plus la mode jetable dans les mentalités dès les années 1980. Le développement du numérique a par ailleurs permis un meilleur accès à l’achat et encouragé la surconsommation de vêtements, avec une possibilité d’acheter en continu et de manière beaucoup moins réfléchie qu’autrefois.

Le prêt-à-porter a mis un coup d’arrêt presque définitif à l’utilisation de la retouche en participant à une consommation compulsive avec une volonté nouvelle de respecter la mode établie par les géants de l’industrie : « Les bas prix ont changé les attentes des consommateurs : puisqu’ils ne paient pas cher, ils ne s’attendent pas à ce que ça dure très longtemps. Cela crée un cercle vicieux où les marques offrent une qualité à peine acceptable. » (source : lactualite.com). Cette pratique d’une mode éphémère et jetable a également été encouragée par un processus neurologique mis en lumière par des chercheurs américains, faire les magasins « excite les mêmes zones de plaisir dans le cerveau que celles liées à la dépendance – quand le client a l’impression de profiter d’un bon prix, la sensation de plaisir supplante celle liée à la ‘douleur’ pour le portefeuille ».

Notre génération : un retour à une mode durable
contre la surconsommation ancrée dans nos habitudes

Confrontées à une mode jetable, les prises de conscience interrogent nos modes de consommation et encouragent le retour à une mode durable

L’enthousiasme pour la fast fashion a des limites qui semblent en passe d’être atteintes durant la décennie à venir. Les consciences évoluent et ce qui faisait autrefois le succès de l’industrie du textile, à savoir des produits peu coûteux et la possibilité d’acheter en masse des vêtements sans cesse renouvelés, est aujourd’hui de plus en plus décrié par les détracteurs d’une mode irresponsable et très polluante.

La solution ? Favoriser de nouvelle façon de consommer, de façon plus responsable et éthique, en somme un retour à la mentalité économe de nos grands-parents et des générations d’avant.

Nous cherchons à remettre du sens dans notre garde-robe, en prônant une protection des ressources par le recyclage, la récupération et l’upcycling ainsi qu’une économie circulaire et alternative. Les prises de conscience ont fait évoluer les mentalités et encouragé un retour à la couture pour retoucher soi-même ses vêtements dans une démarche éthique, zéro déchet et respectueuse de l’environnement. Cette volonté de plus en plus répandue de retrouver du sens passe également par le succès des services de retouche, avec des français prêts à mettre plus d’argent pour faire réparer leurs vêtements, acheter des vêtements recyclés ou de seconde main, ou encore Made in France afin de favoriser des circuits courts.

Ce retour générationnel à la retouche n’invente rien : il reprend les pratiques d’antan pour les utiliser dans le contexte actuel et espérer améliorer la situation en ralentissant la pollution de la planète, en encourageant un développement durable et éthique ainsi qu’une consommation plus réfléchie et responsable de tous.

Finalement, le pari de MyCouturier, par le biais de son service de mise en relation entre particuliers cherchant une retouche et couturiers prêts à les aider, c’est de faciliter ce retour à la retouche. MyCouturier n’invente pas la retouche, mais la digitalise pour la remettre au cœur de vos pratiques et faciliter l’accès à un service de retouche proche de chez vous.

Alors qu’attendez-vous

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